Partager l'article ! Victor Hugo: La biographie de J.M Hovasse Tome II: S'il m'avait fallu patienter six ans avant de pouvoir entamer le second volume de cette biogra ...
S'il m'avait fallu patienter six ans avant de pouvoir entamer le second volume de cette biographie, nul doute que j'aurais fumliné d'être plantée-là, avec un Victor Hugo s'enfuyant en
train, sauvant ses manuscrits, laissant femme et fille exposées à la vindicte possible de Nabot et de ses affidés, tournant le dos à un confort acquis alors que ses deux fils
emprisonnés croupissaient à la Conciergerie, exempts de blâmes pour avoir participer peu ou prou, officiellement à ces affrontements civils de décembre 1851, puisqu'ils étaient déjà
condamnés du fait de leur prise de position, l'un contre la peine de mort, l'autre pour le droit d'asile.
C'est donc avec plaisir que j'entamais le second volume 1851- 1864 " Pendant l'exil I". La Belgique devient le refuge sinon terre d'asile pour les opposants du régime, du moins dans un
premier temps. Victor Hugo a de faux papiers. Dans certaines circonstances, un homme honnête contourne la loi. En l'occurence, il s'agissait de sauver sa tête, ce qui fut fait.
Les autorités lui délivrent un faux permis de circulation, les élites restent les élites, l'entraide une civilité circonstancielle, et ne cachons pas que la tolérance faite à l'écrivain
reste l'exception, les gens du peuple connurent des conditions d'auant plus précaires qu'ils étaient sans capital pour investir, sans rentes pour vivre et sans papiers pour pouvoir
travailler. Hugo que la dureté de ses conditions dans les débuts de sa vie avait amené à être prudent dans la gestion de l'argent , s'était constitué des rentes hors du contrôle des autorités
françaises. Cette prudence lui permettait d'envisager sereinement ses nouvelles conditions de vie. Je l'ai déjà dit, Hugo avait l'habitude de vivre simplement, il lui fallait de quoi écrire, où
se loger, s'acquitter des charges qui lui incombaient mais ses plaisisrs n'étaient pas onéreux. Là, à Bruxelles, il s'organisa, installant Juliette , attendant ses fils, sa femme , sa fille . Il
fut très vite entouré d'exilés qui lui contèrent dans le détail leur participation aux barricades, leur implication dans le combat contre N , leur fuite et leurs nouvelles conditions d'existence.
Victor Hugo n'eut de cesse de collecter ces témoignages qui constitueront le fil d' "Histoire d'un crime" ( chez Laffont Victor Hugo Oeuvres complètes volume Histoire )
Ces quelques chapitres sur la vie bruxelloise sont haletants et je le répète, le biographe ne cesse de raviver l'intérêt pour les oeuvres d'Hugo à tel point que j'ai acheté le volume Histoire (
coll Bouquins) où j'ai pu prendre connaissance de ce livre " Histoire d'un crime " tout en découvrant avec étonnement les évènements traversés par Hugo et ses contemporains.
Malgré les retrouvailles avec Dumas ( exilé pour faillite), les aléas de la politique amènent Hugo à partir pour Jersey l'installation à Marine-Terrace réunit peu à peu la famille,
Juliette emménage pas très loin.
L'ile offre une pause salutaire à l'écrivain, il travaille sans relâche, aide les exilés, s'accomode au mieux de cet exil qui perdure. Ce sont encore des chapitres passionnants mais dois-je
insister. Toute l'oeuvre en gestation y est présente , l'envie de plonger dans les Châtiments succède à celle de lire N le petit , précède celle de plonger dans les "Actes et paroles " (Coll
Bouquins volume Politique) -à lire et à relire , Les Contemplations... Et de nouveau l'expulsion, l'arrivée à Guernesey, l'installation de Hauteville House, la famille qui s'éparpille, les
oeuvres qui se succèdent et tout à coup, au moment où Hugo aborde les "Travailleurs de la mer" , le second tome s'achève .
Au final, en lisant ces deux volumes, je me suis convaincue d'avoir mal lu et pire encore d'avoir méconnu Hugo. J'ai donc replongé dans la lecture de ses poésies - (Que dire des
"Pauvres gens" dans la Légende de siècles"), de ses romans, des Choses vues que j'ai relues avec attention,de m'être absorbée dans "Histoire d'un crime". Me voilà mieux avertie du 2
décembre 1851 . Le seul tort de JM Hovasse est donc de nous faire patienter quand sa première vertu est de nous inciter à lire et relire Hugo.
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