Dimanche 14 février 2010 7 14 /02 /Fév /2010 12:46
A quand remonte la première lecture d'un texte, d'une poésie de Victor Hugo? De quand date la connaissance du nom de cet écrivain français pour qui a été scolarisé dès son plus jeune âge en France?
Je n'aurais qu'une réponse :   C'est à l'école que je dois ,sans aucun doute, le premier contact avec l'oeuvre de V Hugo, par ses poêmes extraits des Contemplations.
 La grande accroche avec V Hugo fut la lecture des Misérables ( hors programme scolaire) et quand je dis lecture, ce fut vraiment une lecture, au sens plein du terme, avec une attention soutenue, des chapitres lus lentement, certains à voix haute, des interruptions  liées à la densité de la narration, le temps que l'histoire m'habite; les personnages existaient tout à fait. Je prenais fait et cause pour tel ou tel protagoniste, j'aimais bien Monseigneur Myriel, l'évêque de Digne qui n'hésitait pas à braver les conventions pour aller vivre avec ses ouailles au fin fond d'une vallée, qui honissait la peine de mort et sa mise en scène macabre, je m'insurgeais sur la double peine infligée aux forçats, tenus de montrer leur passeport dans toutes les bourgades , les  villes qu'ils traversaient, je haîssais furieusement Jabert ,  les Thénardiers tout en pleurant de compassion pour Fantine, . Je pleurais sur ses misères toujours plus odieuses, sur ces rêves pour Cosette, je pleurais pour tous les sacrifices  que les exigences des méchants Thénardiers lui imposaient. C'était une lecture pleine d'affect, d'émotions, d'identification que mon âge d'alors explique. Cette lecture des trois volumes empruntés et jamais rendus fut une de mes premières grandes émotions littéraires . Je prenais acte d'une dimension nouvelle, celle de la littérature. Un monde s'ouvrait riche d'émotions,. Certaines scènes frappaient par la véracité de la cruauté que les humains ont envers d'autres, il y avait  la puissance des faits qui excacerbait l'indignation. Je vibrais de la tension de l'écrit.
Plus tard, ses poésies, celles de la Légende des siècles, me laissaient abasourdie par leur vigueur, leur puissance, leur résonnance  "tonitruante".
L'habitude avait été prise de relire de temps à autre des extraits. Puis je découvris " Choses vues " et là, ce fut l'histoire avec un grand H, qui interpénétrait dans la réalité hugolienne. Oui, je savais  -vaguemment- Hugo, fils d'un général d'Empire, son implication politique,  la pairie, l'exil mais ce dix neuvième siècle entaché de vissicitudes politiques, de misère de masses qu'en savais-je si ce n'est que l'écho déformé de l'histoire officielle. Ce témoignage de première main d'un contemporain admirateur de Napoléon "le Grand" , adversaire pugnace du "petit" , banni du territoire , réfugié à Jersey puis à Guernesey est pour le moins partial mais l'histoire officielle l'est -elle moins? . Au fond, Hugo ne valait-il pas  pour son combat contre la peine de mort, ses prises de positions contre la misère, son adhésion à la République , celle qui défend l'opprimé, qui prône l'éducation plutôt que la prison. N'avait-il pas évolué toute sa vie durant ?  Voilà que grâce à la collection Bouquins chez Robert LAFFONT,l'édition complète de ses oeuvres sous la direction de Jacques Seebacher  et de sa correspondance familiale sous la direction de Jean et Sheila Goujon et Bernard Leuilliot est disponible. Un grand merci à cet éditeur et à ses équipes pour la qualité de leur travail, grâce auxquels lire er relire Hugo , découvrir l'homme autant que l'écrivain est possible.





Par cabinetdelecturedunephoceenne.over-blog.com - Publié dans : Lire Victor Hugo
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